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© Laurent Thurin-Nal

Black Belt - Kubilai Khan Investigations 

Dim. 19 à 16h30 au Liberté, scène nationale - 45 min

Réservation via chateauvallon-liberté.fr ou au 09 800 840 40

Black Belt recrache une encre magique qui révéle les zones troubles et agitées du vivant. Cette pièce est une plongée, elle ressemble à un poème agité d’une passion pour les formes vivantes et évolutives. Cette exploration provoque une inspiration multiforme, véhémente à sa racine et sereine à son épanouissement.

Black Belt porte la ruse d’un être qui s’est multiplié pour s’éprouver et tord le cou à bien des idées reçues sur le réel africain. L’impulsion des matières côtoie la possibilité de féconder une utopie active, ce que Felwine Sarr nomme Afrotopia. Ici « l’Afrique n’a personne à rattraper » et tout indique qu’il faut questionner le mythe du développement et le positivisme scientifique qui projette une vision occidentale sur les sociétés africaines comme unique moyen pour les décrire.

Black Belt reconnait que nos imaginaires, africains autant qu’européens, restent imprégnés par l’histoire et le capitalisme. Suivant une construction mentale, cet héritage postcolonial continue à véhiculer une société des éblouissements. Nous sommes bombardés en continu par ses machines à éblouissement qui colonisent nos inconscients. Nous ne voyons plus que ses écrans capitalistes nous « tuent les yeux » en nous faisant voir le monde autrement qu’il n’est. Cette machine à lumière coloniale opère comme une sorcellerie.

Black Belt est une affaire de trajet, de circulation et de transfiguration, cette pièce rêve d’héritages qui n’ont aussi rien à voir avec des histoires de naissance. En certaines circonstances, elle s’apparente à l’Ode Maritime de Pessoa et ajuste un goût du dépaysement et de l’excès, une ivresse de l’esprit qui intoxique la conscience de soi et ouvre une voix tumultueuse et débridée.

Frank Micheletti

Chorégraphe et danseur basé à Toulon, co-fondateur et directeur artistique de Kubilai Khan Investigations; il développe aussi une relation avec la création sonore. Excursions régulières et diversifiées, il vit des aventures de Sound Designer et passe des nuits sur des platines vinyles sous les traits de Yaguara.

Collectionneur de ricochets, favorisant les dépossessions par intentions semi-troubles avec des explorations appelées Collections secrètes ou encore No Filter, il organise un cosmos dansant et sonore dans la rade toulonnaise, le Festival Constellations.

Guidé par une pensée géographique, il s’intéresse aux jungles de l’Occidentalisation et aime observer les transformations en cours dans l’espace urbain et regarde l’interconnexion des mondes comme une respiration.

Son travail s’intéresse à des notions de formes et de distances, aux intersections entre espace, langage et corps. Comme chacun, il voit son budget temps attirer les nouveaux gisements du profit et tâche par des micro-formes de résistance d’être mal armé. Il aime commencer et recommencer ce rituel qu’il appelle : petite danse.

Dès 2007, il développe un ensemble de projets qui intensifient la présence de la danse hors des plateaux (Festival Constellations, parcours urbains, créations in situ, évènements).

Tout au long de son parcours il a été artiste associé et en résidence au sein de diverses structures (Châteauvallon/Ollioules, La Comédie/Clermont-Ferrand, L’Arsenal/Metz, Villa Kujoyama/Kyoto, Théâtre Louis Aragan/Tremblay, Institut Français/Bandung, Les Rencontres Chorégraphiques Internationales/ Seine-Saint-Denis, Théâtre Paul Éluard/Bezons, Théâtre des Salins/Martigues, Théâtre du Beauvaisis/Beauvais, Les Scènes du Jura/Lons-le-Saunier).

Depuis 2016, il est associé au Conservatoire à rayonnement régional de Toulon Provence Méditerranée et crée

avec des élèves des performances hors des plateaux appelées Out of the box.

Idio Chichava

Idio commence la danse en 2000 dans un groupe de danse traditionnelle, et fonde la compagnie Amor da noite en 2001, année où il rencontre la danse contemporaine avec la compagnie CulturArte et Danças na Cidade. Il suit également les ateliers de la chorégraphe brésilienne Lia Rodrigues. En 2002, il suit les workshops de Georges Khu- malo (Afrique du Sud), Riina Saastamoin (Finlande) et Thomas Hauert (Suisse). Il est interprète de ce dernier dans la pièce Ha Mais, et tourne en Europe en 2003. Lors d’un séjour en Belgique, il assiste aux cours de l’Ecole de Parts, donnés par David Zambrano (Vénézuela), Mat Voorter (Pays-Bas), Elisabeth Coorbett (EU).

En 2003, il interprète les pièces créées par Panaibra Gabriel et Cristina Moura, rejoignant la compagnie CulturArte. Il poursuit en parallèle sa formation et suit les trainings de chorégraphes invités - Sandra Martinez (France), Betina Hozhausen (Suisse)... Il suit également des cours de théâtre avec Maria Joao (Portugal) et Panaibra Gabriel.

En 2005, il rejoint la compagnie Kubilai Khan investigations et est interprète dans la création francomozambicaine Gyrations of barbarous tribes - chorégraphiée par Frank Micheletti. En 2008, il danse également dans Geografía, création présentée à la Biennale de la danse de Lyon. Puis il poursuit sa collaboration avec Kubilai, en créant Espaço contratempo à Tokyo (2009), en tant qu’interprète dans Archipelago (2011), Tiger Tiger Burning Bright (2012), Volt(s) Face (2013), Mexican corner (2013), Your Ghost is not enough (2014), Bien sûr les choses tournent mal (2015), Black Belt (2016), Something is wrong (2019).

Parallèlement à ses interprétations, il est très investi dans le travail de transmission et donne de nombreux ateliers.

Conception et musique

Frank Micheletti

Danse

Idio Chichava

Lumières et scénographie

Ivan Mathis

Production

Kubilai Khan Investigations

Coproductions

Rencontres Chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis

Théâtre du Colombier-Bagnolet

Département de la Seine-Saint-Denis

Remerciements

Théâtre des Salins Scène nationale de Martigues et Conservatoire

à rayonnement régional de Toulon pour leur accueil en studio